Bernard Bourigeaud, fondateur d’Atos: « L’humain est la clé de la réussite » (LE VIF.be)

Lecture 3,5mn. QUAND ON RECRUTE QUELQU’UN QUI EST PASSIONNÉ, ON SE TROMPE RAREMENT. 

Un article de La Lettre A du 14 avril cite Bernard Bourigeaud comme potentiel candidat à la présidence du CA d’Atos. Le blog l’Action Atos ne souhaite pas commenter cet article, mais j’ai retrouvé un article de Bernard Bourigeaud très intéressant sur l’humain dans l’entreprise et il reparle de son expérience d’Atos.

J’ai trouvé la phrase d’en-tête très révélatrice de notions qui se perdent aujourd’hui dans les entreprises. La passion.

Je me suis senti très concernée par cette phrase, animant ce blog bénévolement également par passion et par pure tristesse de voir qu’un groupe leader en France ait pu s’échouer sans voir l’iceberg arriver au loin.

Entrepreneur dans l’âme, le Français Bernard Bourigeaud est le fondateur d’Atos, qu’il a érigé en leader mondial des services informatiques et de paiement en l’espace de 17 ans. Retour sur le parcours d’un grand patron investisseur qui a toujours donné la priorité à l’humain. Un périple riche d’enseignements pour chacun.

Guy Van Den Noortgate

02-12-2019, 11:20  Mise à jour le: 20-07-2022, 09:31 Source : Trends-Tendances

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Entrepreneur dans l’âme, le Français Bernard Bourigeaud est le fondateur d’Atos, qu’il a érigé en leader mondial des services informatiques et de paiement en l’espace de 17 ans. Retour sur le parcours d’un grand patron investisseur qui a toujours donné la priorité à l’humain. Un périple riche d’enseignements pour chacun.

La dernière fois que Bernard Bourigeaud a eu personnellement les honneurs de Trends-Tendances, c’était en 2006. Cette année-là, Atos, le groupe qu’il a créé une dizaine d’années auparavant, procède à l’acquisition en Belgique de Banksys et Bank Card Company (BCC), spécialisées dans les solutions et les systèmes de paiement. Un an plus tard, il quitte la présidence d’un groupe qui occupe alors plus de 55.000 collaborateurs dans plus de 50 pays, pour un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros.

Agé de 63 ans, l’homme n’est à l’époque pas de nature à troquer le costume de patron pour la tenue de golfeur, d’autant qu’il  » ne joue pas au golf mais au tennis « , nous glisse-t-il dans un sourire. Début 2008, fort de son parcours et de son expérience dans le domaine des services informatiques et de paiement, il préfère fonder BJB Consulting. Objet de cette structure : faire profiter de son expertise et de ses compétences les sociétés cotées où il siège en tant qu’administrateur mais aussi les nouvelles entreprises technologiques où il agit en tant qu’investisseur et pourvoyeur de précieux conseils. Un nouvel épisode d’une carrière professionnelle riche en enseignements, démarrée sur les bords de la Garonne à la fin des années 1960.

QUAND VOUS DIRIGEZ UNE SOCIÉTÉ, VOUS DEVEZ D’ABORD AVOIR UNE VISION. C’EST PLUS IMPORTANT QU’UNE STRATÉGIE.

Naissance d’un entrepreneur

A la différence de nombre de grands patrons français, Bernard Bourigeaud n’est pas issu des grandes écoles qui forment, voire formatent, les futurs dirigeants des grands groupes hexagonaux. Il est titulaire d’un diplôme d’expert-comptable de l’IAE (Institut d’administration des entreprises) et d’un diplôme d’économie et de gestion de l’Université de Bordeaux. Après deux ans passés en tant que coopérant au ministère des Finances du Sénégal, il effectue ses premiers pas professionnels au sein de la banque CIC où il ne s’attarde que six mois, le temps de comprendre que cet univers n’est pas sa tasse de thé. Il passe ensuite chez Price Waterhouse et reste dans l’audit un an et demi avant de rejoindre le groupe agroalimentaire américain Continental Grain. Un groupe qui, pour la petite histoire, est né en 1813 à… Arlon, où un certain Simon Fribourg créea une petite entreprise luxembourgeoise d’exploitation de céréales. Un siècle plus tard, ses descendants traversaient l’Atlantique pour y fonder Continental Grain…

Aujourd’hui président d’Ingenico Group, une société spécialisée dans les solutions de paiement, il investit par ailleurs lui-même dans des sociétés technologiques de toute taille et les accompagne dans leur développement.  » Je le fais seul ou via des sociétés de private equity, confie-t-il. Mon rôle consiste à mettre de l’argent dans ces entreprises et à m’impliquer. Non pas dans l’opérationnel mais dans les aspects stratégiques, de recrutement, d’internationalisation ou encore d’acquisitions.  » Autant de domaines où il peut exciper de compétences reconnues, et pour lesquels il peut distiller dans la foulée quelques conseils. L’homme a en effet tiré quelques leçons des différentes opérations qu’il a menées quand il dirigeait Atos Origin. Il les décline ici pour nous en six points.

QUAND ON RECRUTE QUELQU’UN QUI EST PASSIONNÉ, ON SE TROMPE RAREMENT.

» Premier point : quand vous dirigez une société, vous devez d’abord avoir une vision. C’est plus important qu’une stratégie. Une vision vous amène loin et vous fait rêver. La vision d’Atos était de créer un champion européen capable de rivaliser avec les grandes sociétés américaines. Ceci dit, ce n’est pas pour devenir le plus gros acteur sur le marché que nous avons procédé à des acquisitions, mais pour aller plus vite dans l’exécution de notre stratégie. D’ailleurs, chaque année, il faut revoir le portefeuille d’activités et vendre ce qui n’est plus stratégique. C’est justement le deuxième point : en cas de croissance externe, vous devez certes acheter des activités complémentaires à votre business mais ne pas oublier de vous séparer de celles qui ne le sont pas. J’ai observé que nombre de dirigeants sont réticents à vendre. C’est un tort. Durant mes années chez Atos, j’ai vendu pour un milliard et demi d’euros de business non stratégiques.  »

Décider rapidement

» Troisième point : après une fusion, vous devez être capable de définir très rapidement quelle sera l’équipe dirigeante. Il convient de choisir les gens sur des critères de compétences et de constituer rapidement les organigrammes, et ce afin d’éviter les incertitudes. Quatrième point : ne jamais négliger la communication, essentielle. Non seulement celle destinée au marché et aux milieux financiers, qui est la plus facile, mais surtout celle que vous nouez avec les clients et le personnel. Lorsque nous avons acquis Sema, ma première visite a été pour le président du Comité international olympique et ma deuxième pour une banque anglaise que nous risquions de perdre. Il faut rencontrer ses clients mais également ses employés, pour expliquer sa vision, répondre aux questions. Les dirigeants ne passent pas assez de temps avec leurs employés. C’est une erreur car ce n’est jamais du temps perdu. Rien ne remplace le contact physique.  »

Les deux autre articles doivent être considérés comme faisant partie d’un trypique car deux domaines complémentaires y sont abordés, les leaders, les managers, les commerciaux et l’humain en général dans l’entreprise en général et Atos en particulier.

Bernard Bourigeaud, ex-PDG d’Atos : « Pour diriger vous devez aimer les gens, sinon vous êtes inapte » (LES ECHOS Executives)

 

« Les managers ne sont pas assez sévères avec les commerciaux », Bernard Bourigeaud ex-pdg d’Atos (ActionCo.fr)

 

https://trends.levif.be/entreprises/bernard-bourigeaud-fondateur-datos-lhumain-est-la-cle-de-la-reussite/

 

 

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